vendredi 19 mars 2010

La rubrique cinéma #14 — Un Prophète - A Single Man

J'aurais mis du temps, mais je serais enfin allé voir Un Prophète, encore diffusé au MK2 Parnasse (75014) le week-end dernier. On ne présente plus Un Prophète, 9 Césars et une nomination aux Oscars cette année. Mais pour ceux qui n'auraient pas suivi, l'histoire est celle de Malik, 19 ans et condamné à six ans. Dès son arrivée, il est enrôlé de force par un clan de Corses, qui règne sur la prison. Malik gagne leur confiance, s'endurcit, et on le suit pendant ses six années de galère carcérale, au fil de ses missions pour les Corses et de ses petites affaires à lui.
Si je vous dis que le film de Jacques Audiard est vraiment une grosse claque de 2h35, je ne vous apprends rien. Oui, mais quand même... Une grosse claque. Tahar Rahim mérite amplement ses deux Césars (César de la meilleure révélation et César du meilleur acteur - une première dans l'histoire des Césars) tant tout sonne juste chez lui. Il en va de même pour le reste du casting, de Niels Aristrup (qui joue César Luciani, à la tête du clan des Corses), à Adel Bencherif (qui joue Ryad, seul ami et contact à l'extérieur de Malik)... A vrai dire, tout sonne juste chez Un Prophète. Décors, ambiance... même les hallucinations de Malik (comment ne pas en avoir) sonnent justes. Tout paraît tellement vrai, d'ailleurs, que cela ne donne pas vraiment envie de passer par la case prison pour vérifier si c'est le cas.

(Photos : Allociné)

Et puis, le lendemain, je suis allé voir A Single Man. L'histoire de George, professeur d'université près de Los Angeles, qui a perdu toute envie de se battre et de vivre comme si de rien n'était, depuis qu'il a perdu son petit ami, Jim, dans un accident de voiture. Lorsqu'il se lève un matin, George se dit que cette journée sera décisive. Sa vie ne peut plus continuer comme ça...
Non, en fait, A Single Man n'est pas qu'une simple histoire. Non. A Single Man est beau. Dans tous les sens du terme, mais surtout au sens esthétique du terme. Normal, puisque c'est Tom Ford, styliste, qui l'a réalisé. Et ça se sent! Tout est parfait dans l'image. Les couleurs, le noir et blanc, les gros plans, les effets de flou, les mises au point... La musique, aussi (notamment Maria Callas chantant O mio babbino - je pourrais facilement écouter cette musique en boucle). Alors certes, Colin Firth joue à la perfection, ce qui lui a même valu le prix d'interprétation masculine à la Mostra de Venise. Mais j'ai surtout vu A Single Man comme une sublime œuvre d'art, esthétique et poétique. C'est beau et ça fait du bien.

(Photos: Allociné)

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